Institut de Psychologie analytique et d'hypnose

Cabinet d'hypnose thérapeutique

Recherche sur l’hypnose

Par Bruno Traversi, chercheur associé à l’Institut Sciences Sport Santé de Paris, Université Paris V.

La relation corps/esprit dans la pratique médicale de la transe hypnotique ericksonienne, à l’aune du concept de neutre de C.G. Jung et W. Pauli

En collaboration avec des médecins anesthésistes pratiquant l’hypnose (du groupe Emergence), notre étude proposons une interprétation de l’hypnose ericksonienne à partir du concept de neutre que développent conjointement Carl Gustav Jung et Wolfgang Pauli, l’un des pères de la physique quantique (Prix Nobel en 1945). Pendant plus d’un demi-siècle (de 1931 à 1958), ils collaborent pour trouver l’unité sous-jacente de la matière et de l’esprit, « le problème psychophysique », et ainsi saisir l’unité de leur discipline respective, la psychologie et la physique. Ils théorisent un « arrière-plan » neutre, soubassement commun de la sphère physique et de la sphère psychique, qu’ils considèrent alors comme deux aspects en relation de « complémentarité » – au sens de Bohr. Appliqué à la transe hypnotique, le concept de neutre permet de penser non seulement la dualité corps/esprit comme les aspects d’une totalité primitive, en rupture avec le dualisme cartésien – « Comme un début de fin la cette Grande Dissociation de Descartes ? » (Dr. Claude Virot) ; mais aussi la relation soignant /patient à partir d’un fond commun, en rupture avec le paradigme de l’« observateur détaché ». On s’attachera particulièrement à étudier, sous cet angle, le processus de réification permettant au patient d’agir sur sa douleur via une imagination (objet neutre). Par cette étude, nous entendons poursuivre les réflexions de Jung et de Pauli sur le « psychoïde » (mi-physique mi-psychique) et contribuer à des problématiques actuelles concernant l’inscription inconsciente de l’homme dans le monde.


RÉSULTATS D’ÉTUDE SUR LA PRÉVENTION DU BURN-OUT À TRAVERS LES ÉCHELLES DE MASLACH – IMPACT DE LA FORMATION HYPNOSE ET DOULEUR AIGUË EMERGENCES

Depuis 2014, les participants aux formations «Hypnose et douleur aiguë» ont rempli des questionnaires MBI (Maslach Burnout Inventory) afin d’évaluer l’effet de cette formation sur leur bien-être professionnel.
Plus de 2500 échelles ont été recueillies au sein de 22 établissements participants en France et en Belgique ainsi qu’au cours de 14 sessions internes à Émergences à Paris et Rennes.

Chiffres recherche en burn-out

Soit, une amélioration relative du bien-être professionnel de 35% des participants

Ce sont les premiers résultats présentés au congrès de Saint-Malo en 2018. Aujourd’hui, 200 échelles supplémentaires vont permettre de les affiner et d’appuyer nos conclusions qui seront présentées prochainement.

Le Dr Emmanuel Boselli et M. Jérémy Cuna mènent le projet.

ÉTUDE DES EFFETS DE L’HYPNOSE SUR LE TONUS PARASYMPATHIQUE MESURÉ GRÂCE À L’ANI (ANALGESIA/ NOCICEPTION INDEX)

Réalisée pendant le congrès « Hypnose et Douleur » de Saint-Malo en 2016, présentée au congrès de la société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) à Bordeaux en 2016 puis au congrès de la société européenne d’anesthésie (Euroanaesthesia) à Genève en 2017 et publiée depuis,(1) cette étude a montré que l’hypnose induit une augmentation significative de l’ANI, reflétant le tonus parasympathique, pendant une transe de confort. L’ANI pourrait ainsi être une mesure objective de la stabilité de la transe hypnotique.
Une autre étude bicentrique de type «ici-ailleurs» (quel joli nom pour une étude concernant l’hypnose !) avait d’ailleurs été présentée au congrès annuel de la société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) puis de la société américaine d’anesthésie (ASA) à San Diego en 2015 et publiée depuis,(2) montrant que l’hypnose conversationnelle pendant la réalisation d’une anesthésie régionale permettait une augmentation significative du confort du patient associée à une augmentation de l’ANI. MENÉE PAR LE DR E. BOSELLI


LE GANT MAGIQUE ET LES VARIATIONS THERMIQUES DE LA MAIN

À l’aide d’une caméra thermique infrarouge, les variations de température cutanée dans la main, le poignet et l’avant-bras induites par un gant hypnotique de protection (dit « gant magique ») ont été mesurées et comparées au côté controlatéral. Cette étude, présentée au congrès de la société européenne d’anesthésie (Euroanaesthesia) à Genève en 2017 et en cours de publication,(3) a montré que l’hypnose induit des variations significatives de température cutanée dans le territoire du gant (main et poignet) comparé au côté controlatéral et permet ainsi d’objectiver le phénomène hypnotique au niveau périphérique.
À la suite de celle-ci, une autre étude a été réalisée lors du congrès « Hypnose et Douleur » à Saint-Malo en 2018 afin de déterminer si des suggestions de chaleur ou de fraicheur sur une main s’accompagnent de modifications concomitantes de température cutanée mesurées par thermographie infrarouge. Les résultats sont en cours d’analyse et seront communiqués prochainement au soleil de Cancún lors du congrès franco-mexicain.

DR X. PAQUERON


LA CONFUSION QUI SOULAGE LA PERFUSION : ÉTUDE MULTICENTRIQUE RANDOMISÉE

Cette étude nommée KTHYPE menée par le Dr Nicolas Fusco a été présentée en 2018 au congrès annuel de la société européenne d’anesthésie (Euroanaesthesia) à Copenhague(4) et est en cours de publication. L’essai KTHYPE est l’une des toutes premières études hasardisées bien menées montrant un bénéfice significatif de la communication hypnotique avec une technique de confusion pour un geste invasif quotidien telle que la pose de cathéter veineux périphérique. Les résultats de cette étude permettent d’appuyer l’intérêt majeur d’enseigner la communication thérapeutique dans le parcours des soignants. L’intérêt de la communication thérapeutique vient d’ailleurs d’être récemment souligné dans une étude démontrant une amélioration de l’accueil des patients au bloc opératoire.(5)

Par le Dr Nicolas Fusco


QUI SONT LES PATIENTS BÉNÉFICIANT D’UNE HYPNOSE ?

Chaque praticien en hypnose a la possibilité de participer à la première étude sur les patients qui bénéficient d’une hypnose.

  • Qui sont-ils ? Homme ? Femme ?
  • Quel est leur âge ?
  • Quelle est leur catégorie socioprofessionnelle ?
  • Pour quel type de soins choisissent-ils l’hypnose ?

En complétant avec chaque patient le formulaire http://www.hypnoses.com/questionnaire, chacun peut contribuer à cette nouvelle étude dont les premiers résultats seront communiqués au congrès « Hypnose et Douleur » en 2020 à Saint-Malo par le Dr Nicolas Fusco.


HYPNOSE ET ANESTHÉSIE RÉGIONALE – ARTICLE DE REVUE DU DR FRANCK BERNARD

Une mise au point concernant l’intérêt de l’hypnose lors d’une anesthésie régionale vient d’être publiée.(6) Cet article de revue, reprenant plusieurs travaux réalisés par notre équipe, dresse l’état des lieux concernant l’intérêt de l’hypnose pour améliorer le confort des patients pendant la réalisation d’une anesthésie régionale.

Bernard F, Rieula G, Fusco N, Hugot P, Guillou N, Musellec H. Hypnose et anesthésie locorégionale. Le Praticien en Anesthésie-Réanimation 2019 (à paraître).


Les enjeux des états modifiés de la conscience et de la cognition : limites passées et émergence de nouveaux paradigmes

Les auteurs présentent dans cet article les axes principaux d’un renouvellement et d’une redéfinition du paradigme classique des états modifiés de conscience (EMC). Après une brève introduction expliquant la genèse de ce numéro thématique, l’attention est portée sur quelques clarifications conceptuelles préalables à l’étude des EMC. Les auteurs suggèrent que l’altération de la conscience peut s’entendre en quatre sens distincts : altération du contenu, de la qualité, de la modalité et du niveau de la conscience. Plusieurs problèmes et défis méthodologiques qui se posent à l’étude scientifique et naturaliste des EMC sont ensuite examinés. Eu égard à la complexité de l’objet d’étude constitué par les EMC, les auteurs soulignent l’importance des approches intégratives – transdisciplinaires – et multidimensionnelles. Les articles du numéro thématique sont enfin introduits et mis en perspective. Mots-clés : ALIUS, ARTEMOC, états modifiés de conscience, hallucination, méthodologie, modélisation de la conscience, neurophénoménologie, neurosciences de la conscience, philosophie de l’esprit, trandisciplinarité.

Par Guillaume DUMAS, Martin FORTIER & Juan GONZÁLEZ – revue Intellectica, 2017/1


vers une redéfinition multidimensionnelle des états modifiés de conscience


RÉSUMÉ. Ces dernières décennies ont vu l’émergence d’un vaste programme d’étude scientifique de la conscience. Désireux d’élargir et d’approfondir ce programme, le présent article insiste sur l’importance de la diversité des états dont la conscience est capable à travers les âges de la vie, les cultures, les activités quotidiennes, les pathologies et les manipulations pharmacologiques. De nombreux psychologues et neuroscientifiques ont récemment reconnu que leurs recherches avaient jusque-là porté pas tant sur la cognition humaine que sur la cognition de quelques échantillons d’humains particulièrement bizarres et peu représentatifs. Reprenant à mon compte cet argument et l’appliquant au domaine de la conscience, je soutiens ici que l’étude scientifique de la conscience devrait être radicalement élargie en sorte de ne plus être cantonnée à l’étude de quelques états de conscience peu représentatifs. Si l’étude approfondie des états modifiés de conscience (EMC) promet aux sciences de la conscience des avancées considérables, il convient toutefois de souligner les limites – doublement conceptuelles et empiriques – dont la notion d’EMC a pu souffrir par le passé. Après avoir présenté quelques modélisations classiques des EMC, et avoir identifié leurs faiblesses et incohérences, je me propose d’introduire plusieurs modélisations récentes, issues notamment de la neurologie, de la neuropsychiatrie, de la neuropsychologie, et des neurosciences computationnelles, puis de montrer comment ces nouveaux modèles multidimensionnels de la conscience permettent de redéfinir la notion d’EMC de manière tout à fait satisfaisante. M’appuyant sur ces modèles novateurs, j’esquisse dans la dernière partie de l’article, sous la forme d’un manifeste, un programme d’étude systématique de la conscience qui se montrerait capable de rendre compte de la diversité des EMC tout à la fois à un niveau phénoménologique, physiologique et étiologique.

Par Martin FORTIER – revue Intellectica, 2017/1


L’hallucination, entre modification et pathologie de la conscience

Un état de conscience est dit « modifié » (EMC) dès lors qu’il se différencie qualitativement de ce que le sujet considère comme normal. Cette référence à la normalité a cependant ceci de paradoxal que les EMC sont aussi souvent distingués des états de conscience pathologiques (ECP) qui sont pourtant eux-mêmes caractérisés par leur écart vis-à-vis de la norme. Ce faisant, l’étude des EMC se trouve face à un dilemme : rejeter arbitrairement les ECP hors de son champ d’étude ou accroitre l’extension d’un concept dont les limites sont déjà floues. Nous proposons d’aborder ce problème à partir de l’hallucination, dans la mesure où celle-ci peut être considérée à la fois comme un cas paradigmatique d’EMC et comme un objet central pour la psychopathologie. Nous montrons ainsi que dans le cas de l’hallucination non seulement les critères traditionnels de « réversibilité » et « d’insight » sont insuffisants, mais que le principe même d’une différence entre état « modifié » et « pathologique » doit être remis en cause. En nous inspirant de la philosophie de Wittgenstein nous tenterons ainsi de mettre en évidence que la description des hallucinations comme « pathologiques » relève d’un « jeu de langage » propre à la psychiatrie et, par suite, étranger à l’étude des EMC.

par Mathieu FREREJOUAN – revue Intellectica, 2017/1


La signification anthropologique de l’hypnose

Le mythe occidental du grand partage nature déterminée/humains libres a eu comme effet d’assigner une place et une fonction à l’hypnose au XIX e siècle. La psychanalyse en est l’héritière. L’approche constructiviste de la thérapie rompt avec ce mythe.

Par Thierry Melchior – revue Perspectives Psy, vol. 44

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